Comte de Lautréamont / Isidore Ducasse

Comte de Lautreamont Isidore Ducasse Les Chants de Maldoror Poesie I et II CSF Publishing eBook
Comte de Lautréamont, Les Chants de Maldoror suivi de Poésies I et Poésie II

Les Chants de Maldoror suivi de Poésies I et Poésie II

ISBN 979-10-90285-48-4

Release May 2012

 

Le texte très riche des Chants de Maldoror, d’un abord difficile, et aux interprétations multiples, semble incarner une révolte adolescente où le monde de l’imaginaire paraît plus fort que la vie réelle. Ils consistent en une épopée en prose, très décalée des publications de l'époque, dont le personnage principal est Maldoror (l'origine de ce nom reste mystérieuse mais provient sans doute d'une contraction en les mots Mal et Horror – horreur en anglais), créature terrifiante, squelettique et armé d'un stylet, et ennemi du Créateur. Le lecteur se sent pris d'un sentiment de vertige à la lecture de Lautréamont. Il partage sa vision d'un monde en perpétuel mouvement, faisant l'expérience de la férocité, de la sauvagerie et de la perte de repères. Dans son expression, l'artiste (dont la vision si personnelle semble bouleverser des mouvements tels que le naturalisme et le romantisme littéraire), communique au lecteur un certain mépris des situations et des personnages dont il rapporte l'expérience. Il existe à ce jour huit préfaces aux Chants de Maldoror, parfois contradictoires, publiées pour la majorité au cours de la seconde moitié du XXe siècle.

Les Poésies I et Poésie II, qui ne sont pas versifiées, consistent en des aphorismes exaltés ou en des réflexions sur la littérature. Ducasse y montre notamment son mépris pour Alexandre Dumas fils : "Je soutiens qu'un bon élève de seconde est plus fort que lui (Dumas fils) en n'importe quoi", ou son admiration pour Lord Byron. Il y cultive comme dans Les Chants de Maldoror une révolte envers l'ordre établi, réfutant tour à tour Balzac, Alexandre Dumas fils, Victor Hugo en tant que romancier (bien qu'il admire le poète), Jean-Jacques Rousseau, George Sand, Eschyle. La révolte et le refus de l'ordre établi, ainsi que la courte vie des deux auteurs, mettent en parallèle l'œuvre de Rimbaud et de Lautréamont,qui vécurent à la même période mais ne se croisèrent jamais.